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Interview de Demus Makuwa, Directeur par intérim du Centre de coordination du SACMEQ

1. SACMEQ a été créé il y a 15 ans. Comment le consortium a–t-il contribué et continue-t-il de contribuer à améliorer la qualité de l’éducation en Afrique ?

Le Consortium de l’Afrique australe et orientale pour le pilotage de la qualité de l’éducation (SACMEQ) est une organisation indépendante de 15 ministères de l’Éducation avec son propre conseil d’administration (l’Assemblée des ministres du SACMEQ). Le financement assuré par le gouvernement des Pays-Bas. Je pense que SACMEQ a contribué au développement de l’éducation en Afrique de quatre façons :

Tout d’abord, il a contribué au renforcement des capacités des planificateurs de l’éducation et des chercheurs de 15 ministères de l’Éducation en Afrique australe et orientale en leur offrant la possibilité d’acquérir les compétences nécessaires pour concevoir et appliquer des méthodes scientifiques de suivi et d’évaluation de la qualité de l’éducation dans leur pays. Je suis un bon exemple de ce développement des capacités : j’ai reçu une formation SACMEQ en tant que coordonnateur national de la recherche pour la Namibie, et maintenant comme directeur par intérim du SACMEQ, je suis impliqué dans la formation d’autres coordonnateurs nationaux de recherche.

Deuxièmement, les pays qui ont participé aux 3 projets SACMEQ peuvent maintenant mesurer, surveiller et évaluer les niveaux et les tendances des conditions de scolarisation et de la qualité des résultats d’apprentissage.

Troisièmement, grâce aux évaluations de SACMEQ en lecture, en mathématiques, et sur le VIH et le sida, les pays membres peuvent connaître (a) les niveaux de connaissances des élèves et les compétences acquises à l’école, et (b) les lacunes en termes de compétences et de connaissances où les élèves ont besoin d’aide supplémentaire. Ce type d’information constitue le point de départ pour l’élaboration des programmes scolaires, des programmes de formation des enseignants ou encore du processus d’enseignement et d’apprentissage proprement dit en classe.

Enfin, et probablement le plus important, SACMEQ a fournis un « modèle de développement durable » à de nombreux pays en développement, aux partenaires du développement, et aux organisations internationales. Pour ce modèle, les projets de développement efficace nécessite avant tout (a) un prolongement des délais, de sorte que le véritable renforcement des capacités institutionnelles puisse être pleinement intégrée aux objectifs des projets et activités, et (b) un objectif central qui assure une véritable appropriation du processus de développement par les pays participants.

2. Le SACMEQ est fondé sur des relations étroites avec les gouvernements en Afrique australe et orientale, mais aussi avec de nombreux partenaires, y compris l’IIPE. Quels sont les points forts de collaboration à grande échelle ? Quels sont les objectifs de la nouvelle collaboration avec le PASEC ?

La collaboration avec l’IIPE et ses experts, d’une part, et les chercheurs des ministères de l’Éducation des 15 pays du SACMEQ d’autre part, a créé la synergie nécessaire à la réussite du SACMEQ.

Les planificateurs de l’éducation et des chercheurs des ministères de l’Education du SACMEQ ont été capables de travailler ensemble et de partager leurs expériences et leur expertise. Les ministres de l’Éducation du SACMEQ se réunissent tous les 2 ans à l’IIPE au moment de la Conférence générale de l’UNESCO. Ils peuvent alors discuter des messages politiques importants qui se posent à partir des résultats du programme de recherche du SACMEQ.

En termes de relation avec l’IIPE, il faut savoir que le SACMEQ est parti d’un petit projet expérimental initié par l’IIPE dans un pays il y a 20 ans. Au fil des ans, le SACMEQ a grandement bénéficié du savoir-faire international de l’IIPE en matière de formation et de soutien technique.

La coopération actuelle entre le SACMEQ et le PASEC doit être considérée comme une évolution naturelle de la nécessité d’une collaboration entre deux institutions importantes d’Afrique, dans l’esprit de l’Union africaine. Le SACMEQ utilise les méthodes les plus récentes en termes d’échantillonnage, de construction des tests et la de remise à plat des données. Le Consortium est également le seul à proposer de mesurer la connaissance des élèves sur le VIH et le sida. Nos collègues du PASEC souhaitent en savoir plus sur ces approches, alors que SACMEQ tient également à apprendre davantage des expériences PASEC et notamment sur l’utilisation des ’pré-test’ et des ‘post-test’ qui permettent de mesurer l’efficacité des écoles.

Les futures initiatives conjointes entre SACMEQ et PASEC représenteront une percée majeure dans les efforts qui visent à assurer le suivi et l’évaluation de la qualité de l’éducation en Afrique, parce que géographiquement, les deux initiatives couvrent la quasi-totalité des pays de la région sub-saharienne.

3. Le SACMEQ et le PASEC viennent de se rencontrer pour la seconde fois. Que pensez-vous de cette réunion ? Qu’attendez-vous pour les prochains mois ?

La première réunion était une vidéoconférence entre Paris et Dakar dont l’objectif principal était d’explorer les possibilités de coopération et de collaboration entre le PASEC et le SACMEQ. A la suite de cette première réunion, SACMEQ a donné son accord pour partager avec le PASEC des items de tests et a autorisé le PASEC à utiliser le test de connaissance sur le VIH et le sida.

Cette deuxième réunion fut plus spécifique en termes d’échanges. Nous avons pu partager les connaissances sur les méthodologies, les résultats, et les multiples outils utilisés pour la collecte des données.

Aujourd’hui, nous nous connaissons mieux : nous connaissons mieux nos organisations respectives, nos méthodes de recherche, nos approches pour collecter les données. Une date précise pour la prochaine réunion n’a pas été définie. En attendant, nous restons en contact par e-mails et autres moyens de communication.

A long terme il est probable que le SACMEQ et le PASEC uniront leurs forces pour mener des recherches et des activités conjointes de formation.

4. Le SACMEQ a présenté les premiers résultats de son troisième projet fin 2010 et publiera cette année les résultats détaillés et la méthodologie utilisée. Quelles sont les prochaines étapes pour le Consortium dans les prochaines années ?

Cette année sera très chargée pour le SACMEQ. Nous devons réaliser un certain nombre de tâches relatives à l’analyse des données et nous devons publier les résultats. Les résultats du projet SACMEQ III sont déjà en cours de diffusion au niveau international et dans les États membres du SACMEQ. Ces exercices de diffusion favoriseront les débats et amélioreront l’utilisation et l’impact des résultats de la recherche. Nous nous attendons à ce que de nouvelles questions et problématiques émergent des débats et des discussions.

L’Assemblée des ministres du SACMEQ aura lieu en octobre de cette année. Les ministres décideront alors des questions qui devront être intégrés dans le prochain projet SACMEQ. Nous prévoyons que la large diffusion des résultats, les débats qui s’en suivront, et les défis de mise en œuvre des résultats du projet SACMEQ III, se termineront par le lancement du projet SACMEQ IV au cours de 2012/2014.

M. Makuwa, je vous remercie beaucoup pour cette interview.

* Afrique du Sud, Botswana, Kenya, Lesotho, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Ouganda, Seychelles, Swaziland, Tanzanie, Zambie, Zanzibar et Zimbabwe

Source : site web de l’IIEP [http://www.iiep.unesco.org]

Articles connexes :

Interview de Monsieur Jacques Boureima Ki, Secrétaire général de la CONFEMEN et ancien stagiaire de l’IIPE

Deuxième réunion internationale d’échanges entre le SACMEQ et le PASEC (24-25 janvier 2011)

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