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Entretien avec Mme Adiza Hima, Secrétaire générale de la CONFEMEN lors des assises sur les réformes curriculaires (Brazzaville)

Madame la Secrétaire générale, pouvez-vous nous dire les raisons du choix de Brazzaville pour abriter ces Assises internationales sur les réformes curriculaires ?

Merci d’abord de nous donner cette opportunité de nous adresser à vos téléspectateurs dans le cadre de l’organisation de cette importante réunion. Vraiment, permettez-moi d’abord, avant de répondre à votre question, de profiter de cette opportunité pour adresser toute notre reconnaissance, la reconnaissance de la CONFEMEN mais également celle de ses partenaires dans cette opération, à savoir l’OIF, l’ADEA, l’UNESCO-BREDA, l’AIMF et l’AFD qui sont partenaires dans cette opération, d’adresser vraiment tous nos remerciements au Congo et aux autorités de ce pays pour avoir bien voulu accueillir cette importante réunion.

Pour répondre effectivement à votre question, je crois que Madame la ministre a été très modeste comme à ses habitudes. Le choix de Brazzaville n’est pas un choix fortuit ; il est dédié à une certaine dynamique que la ministre KAMA n’a cessé d’assurer au Bureau, mais également tout l’appui qu’elle a pu apporter à notre Secrétariat technique permanent dans une phase importante qui est celle de la relance de notre institution. C’est de là que découle vraiment cette confiance dont elle a parlé et également de la politique éducative du Congo ; ce sont ces éléments qui expliquent le choix de Brazzaville. Nous sommes tout à fait réjouis et réconfortés vraiment, déjà par l’accueil qui nous a été réservé en arrivant dans ce pays.

En ce qui concerne la CONFEMEN, c’est l’une des doyennes des institutions de la Francophonie ; la CONFEMEN a été créée en 1960 par 15 Etats et gouvernements membres ; 1960, c’est-à-dire aux lendemains des indépendances. Aujourd’hui, elle est devenue une véritable institution internationale parce qu’elle regroupe 41 Etats et gouvernements membres à travers les cinq continents, de l’Amérique, de l’Europe, de l’Afrique, mais également de l’Asie et du Pacifique. C’est donc vraiment une véritable institution internationale et qui de ce fait a une portée d’envergure dans le choix des politiques éducatives au sein de ses Etats membres.

Pourquoi le choix des curricula ?

Les réformes curriculaires, parce que c’est un élément stratégique, les curricula dans le développement des systèmes éducatifs. Très tôt, déjà aux lendemains des années 90, c’est-à-dire aux lendemains de la réunion de Jomtien, la CONFEMEN a appelé ses Etats membres à refonder leurs systèmes éducatifs. Pourquoi ? Parce que la refondation de ces systèmes éducatifs commence par les contenus éducatifs, mais les curricula, c’est beaucoup plus les bases. C’est effectivement la révision des contenus éducatifs, mais c’est également la formation initiale et continue des enseignants adaptée aux besoins de la société et de l’économie pour laquelle sont conçus ces contenus éducatifs ; c’est aussi les outils, les manuels, conçus et produits de manière endogène. Et endogène, c’est très important parce que cela veut dire que ces curricula doivent s’inspirer du milieu de l’enfant, mais également doivent s’ouvrir au reste du monde.

Aujourd’hui, ce que nous voulons travailler, c’est une véritable adaptation de ces contenus éducatifs ou des curricula d’une manière générale, au milieu des enfants mais en prenant en compte des contextes qui sont les nôtres sur le plan international, le contexte de mondialisation et celui des nouvelles méthodes et techniques d’enseignement liées aux technologies de l’information et de la communication.

Le curriculum, c’est un élément stratégique parce que c’est un élément de souveraineté, nous voulons dire. Le contenu éducatif est un élément de souveraineté et chaque pays doit l’intégrer en fonction de ses réalités locales, de ses réalités nationales, mais en gardant cette ouverture au contexte international.

50 ans après les indépendances, l’on se rend compte que les systèmes éducatifs ne tiennent pas. Les Assises des réformes curriculaires, n’est-ce pas un procès des systèmes éducatifs ?

Non, ce n’est pas un procès des systèmes ; comme j’aime souvent le dire, l’éducation est un éternel chantier. L’éducation doit s’adapter aux besoins de la société pour laquelle elle est conçue, d’où par conséquent les apprentissages doivent s’adapter également aux besoins des individus pour qu’ils puissent s’insérer valablement dans le tissu socioéconomique. Donc, l’éducation est un élément qui doit effectivement répondre aux besoins de la société, de l’économie, du multiculturalisme, etc. D’où par conséquent cette souplesse que doit revêtir l’école pour répondre à ces différentes sollicitudes et différentes demandes. Donc, il n’y a pas de profits dans l’école ; il y a plutôt une adaptation de l’école en fonction des besoins individuels et collectifs.

Propos recueillis par Télé Congo.

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