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Interview de Mme Adiza HIMA, Secrétaire générale de la CONFEMEN

1. Mme la Secrétaire générale, pouvez-vous nous faire un bilan sommaire de l’année 2008 ?

Mme HIMA : Je remercie CONFEMEN infos de me donner l’opportunité, en ce début d’année 2009, de m’adresser à ses nombreux lecteurs, acteurs à part entière de notre institution. Pour dire vrai, vous me posez là une question difficile, pour la simple raison que parler brièvement des programmes et projets exécutés et/ou auxquels la CONFEMEN a été partie prenante n’est pas du tout aisé pour une institution qui regroupe tout de même 41 États et gouvernements membres, qui est partie intégrante de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et qui agit en partenariat avec une multitude d’autres  organisations internationales intervenant dans le domaine de l’éducation. Néanmoins, je vais tenter de vous donner une idée de ce qu’a été l’année 2008 pour la CONFEMEN. Comme toutes les années précédentes depuis le plan de relance adopté en novembre 2002 à Ouagadougou (Burkina Faso), 2008 a été menée au trot,  particulièrement à partir de mars. Outre les projets et programmes auxquels la  CONFEMEN est partie prenante et que nous menons en collaboration avec d’autres organisations partenaires, nous avons dû successivement organiser l’atelier international de formation du PASEC en février ; le concours des dix mots de la Francophonie en mars ; la réunion des correspondants nationaux (CN) en avril ; la réunion du Comité scientifique en avril-mai ; la 53e session ministérielle en mai-juin; l’atelier d’information et de formation sur la communication pour une bonne gouvernance des systèmes éducatifs en octobre ; et enfin, la réunion-débat sur les facteurs essentiels de la qualité de l’éducation en novembre. Imaginez un peu la masse de travail que cela a nécessité pour un personnel aussi réduit que celui du Secrétariat technique permanent (STP), et c’est sans parler des multiples sollicitations externes auxquelles, pour une question de visibilité, de conviction et de respect de nos engagements, il nous faut participer.

2. L’organisation de l’atelier sur la communication pour une bonne gouvernance des systèmes éducatifs est quand même une innovation, pourquoi une telle initiative ?

Mme HIMA : Vous savez, l’atelier sur la communication pour une bonne gouvernance des systèmes éducatifs est parti d’un constat ; constat d’abord que la communication est un facteur essentiel de la vie des systèmes éducatifs, le substrat, je dirais, du développement harmonieux des systèmes éducatifs. Constat ensuite qu’il existe encore dans ce domaine des marges de manoeuvre importantes pour faire de la communication un levier essentiel d’amélioration de la gestion de nos systèmes éducatifs. Vous avez sans doute souvenance qu’en avril 2006, la CONFEMEN a organisé, en partenariat avec l’OIF, l’AFIDES et le CSFEF, des assises francophones de la gestion scolaire dont sont issus le mémorandum et le cadre  d’action adoptés par les ministres en juin de la même année à Niamey (Niger), lors de leur 52e session. Dans la perspective d’accompagner les pays dans l’élaboration et la mise en oeuvre de plans d’action nationaux sur la gestion scolaire,  engagement pris à Niamey par les ministres et chefs de délégations, la CONFEMEN a produit un petit ouvrage sur la communication pour l’éducation intitulé Contribution au dialogue politique en éducation, la communication pour une bonne  gouvernance des systèmes éducatifs. C’est dans cette même logique du développement de la communication pour l’éducation au sein et autour de la CONFEMEN que nous avons entamé, déjà en 2007, le processus qui a justement abouti à la  tenue de l’atelier de Cotonou. Je dois vous dire que Cotonou constitue sans aucun doute un déclic en ce sens que, pour dynamiser davantage la communication au sein de cet espace de partage et de solidarité que constitue la CONFEMEN, les  participants ont décidé de la création d’un réseau qu’ils ont appelé « Réseau d’information et de communication de la CONFEMEN » ou RIC/CONFEMEN en abrégé.

Autre objectif à court et à moyen terme, la CONFEMEN commémore en 2010 son cinquantenaire. Vous conviendrez que c’est là un évènement majeur dans la vie de l’institution. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les ministres et chefs de  délégations présents à Caraquet (Canada/Nouveau-Brunswick) lors de la 53e session ministérielle, ont unanimement décidé de le fêter avec éclat. Notre démarche vise donc à associer pleinement les communicateurs dans la préparation, l’organisation et la tenue de cet évènement. Ils ont d’ailleurs élaboré à Cotonou un plan d’actions à mettre en oeuvre dans ce sens.

3. Vous dites également avoir organisé une réunion-débat sur les facteurs essentiels de la qualité de l’éducation. Qu’en est-il exactement ?

Mme HIMA : Tout comme l’atelier de Cotonou sur la communication, la réunion-débat sur les facteurs essentiels de la qualité de l’éducation s’inscrit dans le cadre de la préparation de la 54e session ministérielle et du 50e anniversaire de la  CONFEMEN qui seront dédiés, conformément à la décision prise par les ministres à Caraquet, à la qualité de l’éducation, credo de l’institution. Il a ainsi été décidé de faire la rétrospection du travail accompli dans ce domaine et d’examiner les perspectives d’une coopération francophone plus efficace pour l’amélioration de la qualité des enseignements/apprentissages. La réunion-débat sur les facteurs essentiels de la qualité de l’éducation, qui s’est tenue à Bujumbura (Burundi) du 3  au 6 novembre 2008, s’inscrit en fait dans le cadre de la réflexion générale à développer et qui doit nourrir en amont les échanges sur la question lors de la 54e session ministérielle. Bujumbura a donc été une étape décisive devant lancer  l’ouverture de la réflexion, étant entendu que les échanges continueront à travers un forum interactif que nous venons de lancer à travers le site Internet de la CONFEMEN. En outre, nous commanditerons en 2009 une étude sur la qualité de  l’éducation dans les pays membres et organiserons un séminaire sur la pratique de classe. Pour revenir à la réunion-débat de Bujumbura, elle a réuni les délégués de près de 30 pays venus d’Afrique, d’Asie, d’Europe, d’Amérique et de l’océan  Indien et qui ont échangé sur quatre thèmes essentiels, à savoir les curricula, le manuel scolaire, le métier d’enseignant et la réduction des redoublements.

4. Un dernier mot…

Mme HIMA : Je voudrais profiter de l’opportunité que vous m’offrez en ce début d’année pour présenter aux lectrices et lecteurs de CONFEMEN infos nos meilleurs voeux de nouvel an. J’ai surtout le plaisir de leur annoncer qu’en 2009, la  CONFEMEN s’installera dans de nouveaux locaux sis à l’Avenue Cheick Anta Diop et que nous serons très heureux de les y accueillir.

Propos recueillis par Moussa MODI ALZOUMA.

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