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Cadre d’action de Ouagadougou, Novembre 2002

50e session générale de la Conférence des Ministres de l’Education des pays ayant le français en partage. Ouagadougou (Burkina Faso), 17 – 22 novembre 2002

Préambule

Les Ministres de l’Education de la CONFEMEN, réunis à Ouagadougou du 20 au 22 novembre 2002, sont convenus, conformément à la volonté politique manifestée par les Chefs d’Etat et de gouvernement des pays ayant le français en partage à Beyrouth les 18, 19 et 20 octobre 2002, et visant notamment à promouvoir des politiques d’éducation pour tous fondées sur les valeurs d’équité, de solidarité et de tolérance, de relancer la CONFEMEN.

Dans cette perspective, ils ont procédé à l’élection d’un nouveau secrétaire général, chargé de la poursuite de la mise en œuvre du plan de relance dans le cadre de la mission qui lui est confiée.

Ils ont en outre réaffirmé la nécessité d’une bonne articulation entre les orientations politiques définies par la Conférence et les programmes mis en œuvre par l’Agence intergouvernementale de la Francophonie.

En vue de cette relance, ils ont également adopté un cadre d’action. Celui-ci confirme le rôle privilégié des autorités publiques dans la conception et la maîtrise des politiques d’éducation et de formation.

Ce cadre s’articule autour des quatre axes prioritaires suivants :

  • Promouvoir l’éducation pour tous dans le cadre de la lutte contre la pauvreté ;
  • Mobiliser et diversifier les ressources ;
  • Viser l’efficience dans l’utilisation des ressources ; Développer le pilotage des systèmes éducatifs.

Ainsi, entendent-ils doter la Francophonie d’une nouvelle capacité pour promouvoir son point de vue dans les enceintes internationales et créer les conditions d’éligibilité de ses systèmes éducatifs aux financements internationaux.

Ils sont convenus de revenir sur la mise en œuvre du cadre d’action à la prochaine réunion du Bureau afin de tirer un premier bilan et d’examiner les aménagements nécessaires. Promouvoir l’éducation pour tous dans le cadre de la lutte contre la pauvreté

Les Etats et gouvernements membres de la CONFEMEN viseront à :

  • Consolider les systèmes éducatifs refondés ;
  • Intégrer les approches sectorielles dans le cadre des stratégies de lutte contre la pauvreté et de promotion du développement en s’appuyant sur les travaux de la CONFEMEN portant sur la refondation des systèmes éducatifs ;
  • Assurer la cohérence entre les plans nationaux d’éducation pour tous et les autres plans stratégiques de développement ;
  • Assurer la coordination entre les bailleurs de fonds et les différents partenaires techniques et financiers.

Dans la perspective d’aider les Etats membres dans la démarche de refondation, la CONFEMEN, en parfaite synergie et complémentarité avec l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, aidera à :

  • promouvoir un plaidoyer attractif et convaincant en faveur de l’éducation pour tous dans les pays francophones et vis-à-vis des institutions internationales et des bailleurs de fonds ;
  • développer une capacité de négociation dans les Etats en vue de dégager un financement significatif pour l’éducation pour tous.

Mobiliser et diversifier les ressources

La diversification et la mobilisation des ressources tant au plan national qu’international conduisent à augmenter l’aide internationale (bilatérale et multilatérale) et la part de celle-ci consacrée à l’éducation.

Dans cette perspective, la CONFEMEN, en parfaite synergie et complémentarité avec l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, veillera à :

  • Ce que soit augmentée la part consacrée à l’éducation de base dans le budget de programmation de l’AIF ;
  • Assurer une coordination plus efficace des aides notamment par l’organisation de tables rondes regroupant les partenaires techniques et financiers ;
  • Aider les autorités nationales à concevoir des stratégies de diversification des ressources au plan local et national.

Les Etats et gouvernements membres viseront à :

  • Améliorer la prévisibilité des flux d’aide extérieure ;
  • Mettre la priorité sur l’éducation de base tout en permettant de s’insérer dans un processus d’éducation et de formation secondaire et supérieure ainsi que de formation professionnelle et technique.

Viser l’efficience dans l’utilisation des ressources

Les Etats et gouvernements membres viseront à :

  • Promouvoir des principes de bonne gouvernance qui garantissent la qualité, la fiabilité et la transparence des comptes ;
  • Intégrer l’ensemble des ressources disponibles dans un cadre budgétaire commun ;
  • Promouvoir une politique des ressources humaines visant l’amélioration de la qualité et la pérennité des systèmes ; Revaloriser la fonction enseignante ;
  • Organiser des procédures de décentralisation et de déconcentration en vue d’assurer une meilleure participation et responsabilisation des différents partenaires de l’école ;
  • Développer des politiques prenant en compte les réalités géographiques, sociales et économiques dans une démarche de discrimination positive ;
  • Promouvoir un bilinguisme fonctionnel fondé sur l’utilisation concomitante des langues maternelles et du français ;
  • Susciter une mobilisation de l’ensemble des acteurs en vue notamment de permettre une appropriation des politiques mises en œuvre.

Développer le pilotage des systèmes éducatifs

La réalisation des objectifs de l’éducation pour tous passe par le développement de l’accès et par l’augmentation de la qualité. Celle-ci doit retenir l’attention des Etats et gouvernements membres qui viseront à :

  • Renforcer les capacités de pilotage des systèmes éducatifs refondés par le développement d’outils de planification des effectifs et des personnels, par la formation des décideurs à l’élaboration de politiques éducatives ;
  • Mettre en place un dispositif permanent d’évaluation à tous les niveaux.

Dans cette perspective, la CONFEMEN, en parfaite synergie et complémentarité avec l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, s’engagera à :

  • Assurer le suivi de la mise en œuvre des politiques éducatives dans le cadre des plans nationaux par la création d’un Observatoire des politiques éducatives intégrant le PASEC, le développement d’indicateurs et de tableaux de bord, les échanges de bonnes pratiques, la réalisation d’études thématiques et d’orientation ;
  • Développer les capacités d’expertise francophones en vue de mieux orienter les apports internationaux vers l’éducation pour tous.

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