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L’école sénégalaise : l’heure de la refondation

La trajectoire de l’école sénégalaise remonte à l’époque coloniale, au début du 19e siècle. Après les indépendances, le Sénégal engage un nouveau processus de construction d’une école ancrée dans son environnement, mais ouvert, à l’extérieur, au souffle fécondant des autres  civilisations.

Toutefois, en dépit de la volonté de l’État de donner à l’École une vocation nationale et africaine, la prise en charge de la forte demande en éducation se pose avec acuité.

Après une certaine stabilité politique et sociale, l’époque de l’âge d’or de l’éducation, un cycle d’instabilité apparait avec la crise de mai 68. L’ensemble du système sera ébranlé de la base au sommet.

Ainsi, malgré les nombreuses réformes menées, la crise perdure, provoquant parfois des années blanches ou invalides.

En 1981, l’école sénégalaise fait face à une autre réforme. Les États généraux de l’Éducation et de la formation sont organisés pour la recherche consensuelle de réponses aux grands maux du système éducatif.

À l’issue de ces Assises, plusieurs recommandations ont été faites pour une école nouvelle. Mais leur mise en œuvre s’est heurtée  à de nombreux  blocages. Conséquences : les crises cycliques persistent. La demande et la diversification de l’offre éducative restent   des préoccupations majeures.

Dans plusieurs de ses sorties, le Chef de l’État Macky Sall aborde la question en ces termes : « le moment est donc venu de restaurer l’école publique dans sa fonction primordiale, celle de former un citoyen exemplaire ».

Le Ministère de l’Éducation est au centre de ce long processus. Un Comité national de pilotage des Assises de l’Éducation est mis sur pied. Un atelier d’harmonisation est tenu à Dakar les 11, 12 et 13 février 2014 avec l’ensemble des comités régionaux. Une occasion pour le ministre Serigne Mbaye Thiam de dégager les grandes orientations.

Des orientations qui vont dans le sens d’expliquer qu’ « il ne s’agit pas d’assises d’experts mais plutôt des échanges sous-tendus par une approche inclusive et participative ».

Cela a amené, tout au long du processus, aux commissions thématiques d’explorer les différentes pistes pour améliorer, entre autres, la Gouvernance du système éducatif national, le statut de l’enseignant, la place de l’élève, les moyens de financement de l’éducation, l’éducation inclusive, l’introduction des langues nationales, l’enseignement religieux ; en somme, tous les domaines indispensables à une école de qualité pour notre société.

Cette approche inclusive et participative définie dans le terme de référence a permis de donner la parole à tous les acteurs de l’école, notamment, les parents d’élèves,  les élèves, les enseignants, les autorités religieuses et coutumières, les membres de la société civile etc.

Ces larges concertations ont permis de recueillir les avis de tous les segments de la société. Des personnalités ayant occupé des fonctions stratégiques dans le domaine de l’éducation et de la formation ont également été consultées.

L’ensemble des acteurs se sont réunis sous la présidence effective du Chef de l’État. Deux jours de restitution, de partage et de validation qui se sont soldés par une batterie de recommandations.

Le Premier Ministre qui a présidé la cérémonie de clôture a déclaré que « le Président de la République convoquera très prochainement un Conseil présidentiel sur l’éducation et la formation autour de recommandations issues des Assises ».

Comme pour dire que le moment est suffisamment important pour que tous les citoyens se sentent partie prenante d’une nouvelle histoire de la politique éducative à écrire dans un monde de plus en plus exigeant où notre place dépendra de la qualité de notre école et des ressources humaines qu’elle produira.

Massamba THIANE

Membre du Réseau d’information et de communication de la CONFEMEN (RIC)

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