Historique

La CONFEMEN est la plus ancienne institution francophone. Elle est créée en 1960 en tant que Conférence des Ministres de l’Education des pays africains et malgache d’expression française. A sa naissance, la CONFEMEN comptait 15 Etats membres.

 

De 1968 à 1985

En 1968/69, la CONFEMEN, qui s’est peu à peu élargie au Sud comme au Nord, se dote de nouvelles structures en vue d’assurer le suivi des résolutions. Le Secrétariat Technique Permanent (STP) est créé et devient le pivot de l’organisation. Il est implanté à Dakar et le Sénégal devient le pays hôte du STP/CONFEMEN.

L’année 1975 est marquée par la création du réseau des Correspondantes et Correspondants nationaux et d’un bulletin de liaison, deux instruments au service du maintien des liens étroits entre le STP et les membres, ainsi que d’un suivi efficace des décisions ministérielles durant les intersessions. La Conférence décide au cours de la même année de fusionner les secrétariats de la CONFEMEN et de la Conférence des Ministres de la Jeunesse et des Sports (CONFEJES).

La Conférence de 1977 entame un virage vers la recherche et la réflexion dans des domaines plus précis afin de concentrer les moyens sur des séquences d’actions jugées prioritaires et de déboucher sur des réalisations concrètes. Cet effort de rationalisation aboutit en 1978 à l’identification de deux thèmes d’études, la production de matériel pédagogique et l’ouverture de l’école sur la vie ainsi qu’à l’adoption de quatre projets pratiques directement liés à ceux-ci.

Cette multiplication des projets entraîne une intensification des échanges entre la CONFEMEN/CONFEJES et les autres organismes internationaux travaillant également au développement de l’éducation. Ce mouvement a alors permis l’élaboration de plusieurs projets entre l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) ainsi qu’avec l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Par ailleurs, l’ACCT a été créé en 1970 et deviendra un partenaire important de la CONFEMEN pendant les années à venir.

De 1986 à 1989

Le rapprochement CONFEMEN/ACCT intervient entre les Sommets de Paris (1986) et de Québec (1987), au moment où se formalise l’idée de la Francophonie. Ces relations ont abouti en 1987 à la signature d’un protocole d’accord entre les deux institutions qui a eu notamment pour résultat le financement conjoint de projets relatifs au matériel didactique, à la méthodologie de l’évaluation et à la pédagogie des grands groupes.

La différence entre les modes de fonctionnement de la CONFEMEN et de la CONFEJES provoque, en 1985, la scission des deux Secrétariats Techniques Permanents et, parallèlement, l’équipe du STP se renforce.

Autre évolution et signe de vitalité, la CONFEMEN renforce au fil des années son caractère multilatéral. En l’intervalle de dix ans (1979-1989), huit nouveaux pays du Sud adhérent à la CONFEMEN. De plus, l’accueil, entre 1968 et 1979, de quatre nouveaux membres du Nord a permis un rééquilibrage géopolitique.

De 1990 à 2000

En 1990, la CONFEMEN, dans le but d’augmenter les ressources disponibles pour les activités de coopération, crée un fonds commun, alimenté par des contributions volontaires des Etats et gouvernements membres et d’autres sources ainsi que par les reliquats des budgets-projets. En outre, la CONFEMEN décide de modifier ses statuts afin de tenir compte des exigences d’un accord de siège avec le Sénégal qui est signé en 1991.

A la suite d’une évaluation institutionnelle de la CONFEMEN, la 45ème session ministérielle de Dakar (Sénégal, 1993) adopte une résolution relative à la réorientation de l’organisation. Les ministres membres ont alors décidé de remparer le rôle politique de la CONFEMEN en lui permettant de contribuer à l’élaboration des politiques éducatives au sein des Etats membres et d’orienter l’ensemble de la programmation éducation-formation soumise à l’approbation des Sommets francophones.

En suivi de cette résolution, le Sommet de Maurice (Maurice, 1993) a adopté une autre résolution précisant la place et le rôle de la CONFEMEN dans l’institutionnel francophone conformément aux souhaits exprimés par les ministres de l’Education. Cette réorientation s’est traduite par l’adoption, en 1994, de nouveaux statuts et par l’arrimage de toutes les instances de la CONFEMEN au sein du dispositif francophone. La périodicité des sessions ministérielles et des réunions de Correspondants nationaux a été modifiée ; elles sont devenues toutes deux biennales. La même conférence a décidé d’une programmation axée sur le mandat qui lui a été confié au sein de l’espace francophone. Trois programmes ont donc été créés pour une définition lucide des objectifs et l’ordonnancement des moyens au service de l’intégration adéquate des systèmes éducatifs dans le processus de développement économique et social : Le Programme d’Analyse des Systèmes Educatifs de la CONFEMEN (PASEC) ; Le Centre d’Information et de Documentation ; L’orientation de la programmation éducation-formation et la contribution à l’élaboration des politiques éducatives.

Résultante du rôle politique dévolu à la CONFEMEN, les Déclarations de Yaoundé (Cameroun, 1994), de Liège (Bélgique, 1996) et de Yamoussoukro (Côte d’Ivoire, 1998) ainsi que les documents de référence qui les soutiennent proposent aux Sommets d’opérer une refondation progressive des systèmes éducatifs francophones. La première a eu pour résultat l’adoption, par le Sommet de Cotonou (Bénin, 1995), d’une résolution accordant la priorité à l’éducation de base. La deuxième décide de faire de l’enseignement technique et de la formation professionnelle un second secteur prioritaire.

Pendant que le positionnement de la CONFEMEN dans le secteur de l’éducation dans l’espace francophone se confirme, l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), deviendra, en 1995, l’Agence de la Francophonie connue sous l’appellation d’Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF) en raison de son statut intergouvernemental exclusif. Les États et gouvernements membres de la Francophonie, lors de la Conférence de Bucarest (Roumanie, 1998), créeront l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), structure complémentaire à l’AIF et qui sera appelée à la remplacer. Dans l’attente que la personnalité juridique de la nouvelle OIF se confirme, l’Agence existera en parallèle jusqu’en 2005, période pendant laquelle la CONFEMEN continuera à orienter ses activités dans le domaine de l’éducation.

La 49ème session ministérielle qui s’est tenue à Bamako (Mali, 2000), quelques mois après le Forum mondial sur l’Education pour Tous de Dakar, a fait siennes les conclusions du Forum de Dakar et recommandé l’accroissement de la dynamique partenariale entre tous les intervenants du secteur de l’éducation afin que chaque pays se dote d’un plan national d’« Education pour tous ». La CONFEMEN, notamment à travers son Programme d’Analyse des systèmes éducatifs, a contribué à l’élaboration de ces plans nationaux.

De 2002 à 2007

La 50ème session ministérielle de Ouagadougou (Burkina Faso, 2002), a adopté un plan d’action pour la relance de la CONFEMEN dont l’opérationnalité réside dans le cadre d’action adopté par la conférence de Ouagadougou. Ce cadre s’articule autour des quatre axes prioritaires suivants : Promouvoir l’éducation pour tous dans le cadre de la lutte contre la pauvreté ; Mobiliser et diversifier les ressources ; Viser l’efficience dans l’utilisation des ressources ; Développer le pilotage des systèmes éducatifs.

L’information et la communication ainsi que le renforcement de la dynamique partenariale constituent deux des axes forts de la relance de la CONFEMEN menée par Madame Adiza Hima (Niger), Secrétaire Générale élue à cette Conférence de Ouagadougou.

Le Sommet de Beyrouth (Liban, 2002) a souscrit aux objectifs de l’Education pour tous (EPT) définis lors du Forum Mondial sur l’Education (Dakar, 2000) et a réaffirmé le rôle des autorités publiques dans la conception et la maîtrise des politiques d’éducation et de formation. Il a également recommandé la réforme de la CONFEMEN afin qu’elle puisse pleinement jouer son rôle dans les enceintes internationales participant au suivi du Forum de Dakar, créer les conditions d’éligibilité des systèmes éducatifs francophones aux financements internationaux et poursuivre sa mission d’orientation de la programmation de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie dans le domaine de l’éducation.

En 2004, au Xe Sommet de la Francophonie à Ouagadougou (Burkina Faso, 2004), les chefs d’État et de gouvernement ont approuvé les nouvelles missions stratégiques de la Francophonie et ont pris la décision de parachever la réforme institutionnelle afin de mieux fonder la personnalité juridique de l’Organisation internationale de la Francophonie et de préciser le cadre d’exercice des attributions du Secrétaire général. Cette volonté s’est concrétisée, le 23 novembre 2005 à Antananarivo (Madagascar, 2005), par l’adoption d’une nouvelle « Charte de la Francophonie » qui rend juridiquement officielle l’existence de l’OIF, qui dissout l’AIF dans cette organisation et intègre la CONFEMEN dans sa constitution institutionnelle.

Le parachèvement de la Charte de la Francophonie donne une nouvelle dimension à la CONFEMEN. Cette dernière doit désormais se considérer comme une entité endogène de l’OIF depuis ce 23 novembre 2005. Elle est « officiellement » membre à part entière de cette grande famille institutionnelle francophone. Bien que la CONFEMEN, par son titre, par sa mission et par ses éléments constitutifs, a toujours été intrinsèquement liée à la Francophonie, ce nouveau statut permet à cette dernière de confirmer, d’enrichir et de renforcer son partenariat et sa collaboration avec l’OIF (ACCT et AIF de 1970 à 2005).

Antananarivo a également été le théâtre des Assises francophones de la gestion scolaire qui se déroulaient du 04 au 08 avril 2006. Plus de 200 acteurs (gouvernementaux et non gouvernementaux) de la gestion scolaire, sur les plans international, national et local, ont participé à cette rencontre organisée conjointement par la CONFEMEN, l’OIF, l’Association francophone internationale des directeurs d’établissements scolaires (AFIDES) et le gouvernement de la République de Madagascar. Ces Assises ont permis d’analyser les principaux enjeux de la gestion scolaire et de proposer des orientations ainsi qu’un plan d’action en vue d’améliorer sa qualité dans l’espace francophone.

Les ministres membres de la CONFEMEN se sont eux aussi prononcés quant à la gestion scolaire, thème de la 52ème Conférence ministérielle qui avait lieu à Niamey, au Niger, en mai 2006. Les ministres chargés de l’éducation de l’espace francophone, de concordance avec les acteurs et les partenaires de l’éducation, sont maintenant convaincus que la gestion constitue un élément fondamental de l’accès et de la qualité de l’éducation dans tous les pays, particulièrement en contexte de manque de ressources. Dans cette perspective, les ministres considèrent que l’amélioration de la gestion scolaire à tous les paliers des systèmes éducatifs permettra de favoriser le renforcement de l’accès, de l’équité et de la qualité de l’éducation.

Après avoir mis en commun les orientations dégagées des discussions en atelier, un rapport de synthèse a été présenté. L’assemblée ministérielle recommande entre autres de reprendre les principaux éléments du Cadre d’action comme base pour l’élaboration d’un Mémorandum sur la gestion scolaire. Le thème Enseignement secondaire et perspectives a par ailleurs été adopté par l’assemblée ministérielle pour la 53ème Session qui aura lieu à Moncton (Canada/Nouveau-Brunswick, 2008)

L’élargissement de la CONFEMEN à tous les Etats et gouvernements membres de la Francophonie est poursuivi sans relâche. Aujourd’hui, la CONFEMEN compte 44 membres et continue à poursuivre sa mission d’informer sur l’évolution des systèmes éducatifs, de réfléchir sur des thèmes d’intérêt commun en vue d’actions concrètes à poser dans le secteur éducatif et de formuler des recommandations pour appuyer les politiques régionales et internationales en matière d’éducation et de formation. La CONFEMEN sera toujours un acteur et un promoteur important de l’accès d’une éducation de qualité pour tous.

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