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Interview de Monsieur Lytou BOUAPAO, Vice-ministre de l’Éducation de la République démocratique et populaire lao

Question : La CONFEMEN a choisi Vientiane pour abriter le séminaire-atelier des correspondantes et correspondants nationaux, le troisième du genre. Quel est, M. le Vice-Ministre, le sentiment qui vous anime suite à ce choix ?

Réponse : Jusqu’ici, les différents séminaires et ateliers de la

CONFEMEN ont été organisés dans d’autres pays, notamment en

Afrique. Cette fois-ci, c’est à l’Asie du sud-est, particulièrement à la

République démocratique et populaire lao d’accueillir le séminaire-atelier

et nous en sommes très ravis. Je voudrais à cet effet adresser nos

remerciements à la Secrétaire générale de la CONFEMEN, Madame Adiza

HIMA, d’avoir proposé Vientiane, capitale de la République démocratique

populaire lao comme ville hôte de ce séminaire-atelier des

correspondantes et correspondants nationaux ; un séminaire-atelier qui

a eu pour tâche essentielle de préparer les projets de documents pour

la réunion du Bureau qui va avoir lieu en octobre prochain à Paris

(France) ainsi que les activités entrant dans le cadre de la 54e session

ministérielle en 2010 au Sénégal sans oublier bien entendu la

commémoration du cinquantenaire. C’est une grande opportunité qui

est ainsi offerte à notre pays de contribuer à cette importante mission,

en faisant en sorte que la préparation de tous les projets de documents

soit effective et réussie.

Question : Quel est l’état actuel du système éducatif de la République démocratique et populaire lao ?

Réponse : Vous permettrez de faire un bref historique, car pour

savoir où nous sommes actuellement, il faut connaître notre point de

départ. En 1975, année de création de la République démocratique

populaire lao, 95% des populations de notre pays étaient illettrés.

Actuellement, nous sommes à 78%. Pour l’enseignement primaire, nous

sommes actuellement à 91%, des élèves âgés de 6 à 12 ans, cela veut

dire que l’enseignement primaire obligatoire a bien progressé.

L’enseignement secondaire aussi a progressé. Actuellement, nous

avons dépassé les 62% pour le secondaire premier cycle et les 36%

pour le secondaire 2e cycle. Ce qui prouve que chez nous, l’éducation a

progressé graduellement d’année en année. Et si on fait la comparaison

par rapport aux objectifs du millénaire, nous pouvons légitimement dire

que nous avons fait des progrès intéressants. Nous espérons que d’ici

à 2015, nous arriverons à réussir notre objectif de l’éducation pour

tous. Mais, ce qui nous préoccupe le plus, c’est l’éducation maternelle

qui est à ce jour de 19%. C’est une véritable problématique. C’est un

problème très difficile à résoudre pour nous en milieu rural,

essentiellement montagneux et isolé, les villages étant dispersés,

éloignés les uns des autres. Ce sont de petits villages. Il est fort difficile

de créer des crèches ou des écoles maternelles.

Question :Quel a été le plus grand succès du système éducatif lao ?

Réponse : Aujourd’hui, le succès et la richesse de notre système

éducatif, c’est la cohabitation de plusieurs langues. A côté du lao, notre

langue nationale qui est la langue d’enseignement, émergent des

langues internationales, à savoir l’espagnol, l’anglais et bien entendu le

français dont vous avez vu l’illustration avec le spectacle présenté par

nos classes bilingues du primaire, des élèves des collèges et lycées

ainsi que des étudiants de diverses facultés.

Question : Quelles sont les difficultés les plus préoccupantes et quelles sont les perspectives de solutions que vous envisagez ?

Réponse : Ce qui nous préoccupe le plus, c’est l’éducation des

adultes, parce que notre pays est un pays agricole, traditionnel ; plus

de 80% de nos citoyens sont des agriculteurs. Donc, ceux qui ont plus

de 15 ans travaillent tous les jours dans les champs. L’autre problème,

c’est la maternelle et la crèche en milieu rural dont je parlais tantôt.

C’est une question très critique pour notre pays et c’est pourquoi nous

avons fait une requête pour accéder aux fonds Fast track pour pouvoir

résoudre ce problème. Je crois qu’une fois qu’on nous aura accordé ces

fonds, nous pourrons résoudre le problème. Un autre problème, c’est

celui de la formation des enseignants qualifiés. En définitive, ce qui nous

préoccupe de façon générale, c’est la qualité de notre système éducatif.

Il nous faut faire en sorte que nous puissions améliorer graduellement

la qualité de notre système éducatif.

Question : Est-ce que vous avez un programme sur lequel vous allez vous fonder si vous obtenez les fonds Fast tack ?

Réponse : Oui, parce que nous avons le plan quinquennal de développement et le programme sectoriel de l’éducation pour cela.

Propos recueillis à Vientiane par Moussa MODI ALZOUMA

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