Historique

1990-1991 : Les bases du PASEC

Le Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN (PASEC) a été impulsé par la première Conférence mondiale sur l’éducation pour tous qui a eu lieu en mars 1990 à Jomtien, en Thaïlande. Les bases du programme ont été jetées à l’issue de la 42e session ministérielle de la CONFEMEN tenue à Bamako (Mali), en juillet de la même année.

Les ministres francophones ont alors amorcé une réflexion visant à ce que le caractère indissociable des dimensions quantitatives et qualitatives de l’éducation soit reconnu dans les efforts pour la scolarisation universelle.

Le PASEC a été effectivement créé lors de la 43e session ministérielle de la CONFEMEN tenue les 12 et 13 mars 1991 à Djibouti. La CONFEMEN fêtait alors son 30e anniversaire. Le projet adopté par les ministres a été préparé et approuvé par deux comités ad hoc, puis examiné par un comité d’experts qui en a avalisé la démarche scientifique.

Le but premier attribué au programme était de « mettre en relation les aspects quantitatifs et qualitatifs des systèmes étudiés et de dégager, dans le cadre des solidarités francophones, les choix possibles des stratégies éducatives les plus efficaces ». Il s’agissait pour les ministres,  de se doter d’un programme qui puisse mettre à disposition des pays, les éléments techniques nécessaires aux décisions politiques et des outils de développement éducatif qui seraient utilisables sur le terrain scolaire et qui devraient permettre d’alimenter le débat sur le développement des systèmes éducatifs dans l’espace francophonie.

Les ministres ont également convenu de la mise en place d’un comité scientifique composé de cinq personnes reconnues pour leur compétence et leur expérience, et de l’apport de ressources humaines supplémentaires au Secrétariat technique permanent (STP) pour piloter le programme. Enfin, ils ont accepté la condition d’un nécessaire accord sur la diffusion et la publication par le STP des résultats obtenus lors des évaluations.

1991-1995 : cadre institutionnel et premières évaluations

Les trois réunions du comité scientifique qui se sont déroulées à cette période (Saly Portudal en 1991, Dakar et Paris en 1992) ont permis de fixer un cadre institutionnel au PASEC, d’élaborer un projet de convention entre le STP et les États, et de choisir les premiers pays bénéficiaires. En plus de rédiger un Règlement du comité scientifique du PASEC, celui-ci a été très actif pour permettre le début des opérations en établissant un cahier des charges techniques et en élaborant un projet de contrat entre la CONFEMEN et les partenaires scientifiques chargés de réaliser les évaluations.

C’est au cours de l’année scolaire 1993-1994 qu’ont débuté les premières opérations de terrain. La phase I du PASEC a visé trois pays : le Congo, le Djibouti et le Mali. La phase II a été amorcée dès l’année suivante et a couvert le Sénégal et la République Centrafricaine. Ces cinq évaluations ont été menées par des organismes de recherche de pays du Nord notamment l’Université de Mons, l’Université de Montréal, l’Université Laval et le Centre international d’études pédagogiques, en collaboration avec des partenaires nationaux.

En 1994, lors de 46e session ministérielle de Yaoundé (Cameroun), il a été décidé que le STP prenne en charge le conseil scientifique et l’appui opérationnel aux équipes nationales. Cette formule permettait notamment de résoudre quelques difficultés d’ordre scientifique et financière et d’entamer la phase III pour le PASEC avec trois nouveaux pays : le Burkina Faso, le Cameroun et la Côte d’Ivoire.

1996-2000 : Le PASEC se consolide

Les résultats préliminaires issus du PASEC ont été présentés pour la première fois aux ministres de la CONFEMEN en 1996, à la 47e session ministérielle de Liège (Belgique). Ces résultats ont incité les ministres à reconduire le programme pour une quatrième et cinquième phases.

Par ailleurs, pendant les années 1996 à 2000, le PASEC a connu une évolution des sujets de recherche et une diversification de types d’évaluations pratiquées. En 1996, le programme proposé aux ministres pour la phase IV du PASEC prévoyait en effet, en plus des évaluations diagnostiques standard (à Madagascar), les premiers suivis de cohortes (Côte d’Ivoire et Sénégal). La phase V innovait encore avec la réalisation d’études thématiques (Guinée) en plus de la poursuite des deux suivis de cohortes.

Outre les sept rapports d’études publiés par le STP au cours de cette période, des activités complémentaires ont été entreprises sur le plan scientifique et communicatif. En 1999, il y a eu la parution d’un rapport de synthèse des résultats des neuf premières évaluations PASEC et la production  d’un cédérom contenant les résultats et les instruments des cinq évaluations réalisées sous la supervision immédiate du STP. Et afin de renforcer la capacité des équipes nationales, un séminaire de formation tenu à Abidjan en 1996 a institué une tradition d’ateliers annuels.

2001-2007 : Un programme en pleine expansion

Avec la tenue, en avril 2000, du Forum mondial sur l’éducation à Dakar, la communauté éducative internationale a débuté le 21e siècle par une nouvelle prise de conscience : les progrès effectués depuis Jomtien ont été insuffisants. Dès lors, les études du PASEC devenaient une référence scientifique importante et permettaient un suivi exhaustif de la qualité de l’éducation.

Par conséquent, le programme, entre 2001 et 2005, a été caractérisé par une amplification des activités de recherche et des productions scientifiques : la phase VI avec trois évaluations thématiques en 2000 et 2001 (Togo, Mali et Niger) ; une étude des pratiques et conséquences du redoublement dans l’enseignement primaire au Sénégal et en Côte d’Ivoire ; cinq évaluations diagnostiques dans le cadre de la phase VII (Mauritanie, Tchad, Bénin, Cameroun et Madagascar) et à partir de  2004, cinq autres études dans le cadre de la phase VIII du PASEC (Gabon, Ile Maurice, Burkina Faso, Congo et Sénégal).

En 2004, le PASEC a été sollicité par la Banque mondiale pour effectuer une vaste analyse portant sur l’influence du statut enseignant sur la qualité de l’enseignement primaire dans neuf pays. Dans le même esprit, une publication sur le redoublement dans l’enseignement primaire en Afrique francophone, basée sur les données des trois (03) suivis de cohortes, a été produite. Une opération de vulgarisation scientifique a également donné lieu à la production de plusieurs outils, notamment des brochures synthétisant et vulgarisant les résultats des études.

Le PASEC a également accru sa participation scientifique à des rencontres internationales. Aussi,  des évolutions sur le plan technique ont été apportées au programme.

Une telle expansion des activités n’aurait pu être possible sans le développement de nombreux partenariats d’ordre technique et financier. Au nombre des premières institutions qui ont collaboré avec le PASEC, on compte l’Agence intergouvernementale de la Francophonie  (AIF), la Banque mondiale, le Ministère de l’Éducation nationale français, le Bureau régional de l’UNESCO pour l’éducation en Afrique, le Pôle de Dakar, l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA), l’UNICEF, l’Institut de recherche sur l’éducation (IREDU), l’Université Cornell (Etats-Unis) et le Laboratoire d’économie appliqué de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA, France).

2008-2012 : un nouveau cadre d’action et une extension à des pays asiatiques

La phase IX du PASEC a été conduite dans un contexte de réflexion sur les orientations, les objectifs et les modalités de mise en œuvre des évaluations PASEC. Les instances de la CONFEMEN ont validé un nouveau cadre d’actions permettant au PASEC de contribuer davantage aux débats internationaux et nationaux sur une éducation de qualité pour tous à travers l’évaluation nationale.

L’un des objectifs visés était de déterminer les principaux facteurs qui concourent à l’amélioration de la qualité des apprentissages au primaire. Cela permet aux pays concernés  de connaitre l’état de la qualité de leur système éducatif en soumettant aux élèves des 2e et 5e années, un test de langue et de mathématiques en début et en fin d’année.

Cette 9e phase du PASEC a concerné, pour l’année scolaire 2008-2009, le Burundi, l’Union des Comores, le Liban et la Côte d’Ivoire et pour l’année scolaire 2009-2010, la RD Congo, le Togo et le Tchad.

La mise en œuvre de ce nouveau cadre d’action s’est poursuivie avec la phase X du PASEC qui a concerné le Mali et trois pays asiatiques (la RDP lao, le Cambodge et le Vietnam). Le PASEC venait ainsi d’étendre sa sphère géographique sur le continent asiatique.

2013-2015: une évaluation groupée pour plus d’efficacité

Parallèlement à la finalisation des évaluations nationales, la 55e session ministérielle de la CONFEMEN, tenue à N’Djamena (Tchad) en décembre 2012, a adopté une réforme du PASEC caractérisée par une nouvelle gouvernance et une nouvelle méthodologie. Le programme dispose désormais d’un comité de pilotage.

L’approche méthodologique du programme est désormais orientée vers la comparaison internationale par l’organisation d’évaluations simultanées dans plusieurs pays et la mesure des compétences des élèves en début et en fin de scolarité du primaire (2e et 6e années).

Lancée en 2013, la première vague de l’évaluation groupée a été effective en 2014 et  concerne  dix (10) pays d’Afrique subsaharienne : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Côte D’ivoire, Congo, Niger, Sénégal, Tchad et Togo. Les résultats de cette évaluation seront restitués en décembre 2015.

En somme, le PASEC, avec son expertise construite au gré de ses 25 ans d’expérience, est devenu aujourd’hui un programme de référence en matière de recherche sur la qualité de l’éducation dans les pays francophones du sud.

De deux conseillers techniques à ses débuts, le PASEC compte aujourd’hui huit conseillers techniques repartis dans deux divisions (division gestion des données et analyse statistique et division instruments et procédures de collecte de données). Le PASEC est sous la supervision d’un coordinateur.

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